Réussir sa Revue de Presse
Cette épreuve est, entre toutes, celle qui demande la préparation la plus attentive. La qualité de l'entraînement préalable formera un axe de différenciation important le jour de l'examen.
Prenez connaissance le plus souvent possible d'exemples de revues de presse réalisées par des journalistes professionnels.
À leur écoute, vous pourrez, petit à petit, commencer à repérer l'ordre des thèmes choisis, leur mode de succession avec les transitions utilisées, le ton du journaliste (humoristique, pédagogique, étonné, perplexe, insistant sur les contradictions, soulevant les écarts de jugement entre différentes sources…).
La plus connue est celle de France Inter, tous les matins à 8h30 (l'idéal serait de l'enregistrer pour pouvoir écouter plusieurs fois la bande et décortiquer le plan suivi par le journaliste); d'autres exemples sont accessibles sur les sites Internet : radiofrance.fr, europe1.fr, courrierinternational.com ; sur certaines chaînes du câble comme EuroNews et LCI; sur France 2 le matin, dans l'émission Télé Matin.
Lisez très régulièrement quelques articles de la presse quotidienne, les dossiers et articles de fond des magazines hebdomadaires et mensuels (Le Monde, Le Monde 2, Courrier International, Le Nouvel Observateur, Le Figaro et Le Figaro Magazine, L'Express, Histoire…), les articles de journaux en langue anglaise comme Vocable.
De la même façon, ces documents sont accessibles sur les sites Internet des journaux concernés. Vous privilégierez les sujets relatifs aux grands thèmes de société, à l'international, aux événements politiques et conflits majeurs.
Ces moments de lecture seront idéalement complétés par les journaux et magazines d'actualité télévisés ainsi que les émissions de radio (par exemple la tranche 7h00 - 9h00 de France Inter).
Ce qui importe ici est la régularité : il est inutile de s'informer dans les quelques jours qui précèdent l'examen, seule une lecture suivie et variée peut permettre d'acquérir une connaissance globale de l'actualité.
Acquérir une Méthodologie de Lecture 
La connaissance du processus de lecture et des critères de lisibilité est indispensable pour quiconque participe à l'élaboration d'une Revue de presse.
On distingue 3 niveaux de lecture d'un journal :
• la une, la dernière, la titraille et les illustrations
(dessins, photos, cartes…) sont lues
(ou vues) au premier coup d'œil ;
• les petits articles: chapôs, brèves, encadrés, billets, chroniques, légendes des photos sont lus au second coup d'œil ;
• le texte des articles n'est abordé que dans un 3
ème temps.
Les Techniques de Lecture Sélective 
L'Analyse Globale Préalable
Avant d'entamer la lecture intégrale d'un texte, nous en prenons toujours une connaissance préalable.
Lecture des Résumés
Titre, sous-titres, table des matières ou sommaire, texte de présentation…
C'est cette pré-connaissance qu'il faut développer pour adapter sa lecture.
L'Écrémage
"Réduction du nombre des mots sans que la compréhension générale du texte en souffre". Tous les lecteurs rapides pratiquent l'écrêmage linguistique qui est l'élimination inconsciente des parties les plus redondantes en lecture dite intégrale.
L'écrémage est la pratique systématique et consciente de cette élimination. Étant donné que la redondance peut atteindre jusqu'à 50 %, on peut espérer ainsi doubler la vitesse de lecture.
Règles de l'Écrémage :
• Trouver rapidement l'idée principale du texte,
• Lire à fond les phrases importantes,
• Passer très vite sur les phrases de détail,
• Le repérage (skip reading) est la recherche, au sein d'une page, d'un mot ou d'un groupe de mots-clés pour trouver l'information cherchée (ex. recherche d'une petite annonce/d'un article dans le journal/d'un nom sur une carte routière…). L'œil fonctionne alors comme un radar balayant un espace de signes à la recherche du mot-clé.
• Les points d'ancrage sont les points de repères de la lecture sélective : ce sont des mots-clés mais aussi des signes typographiques (lettrine, capitale, italique, gras, alinéa, titre, intertitre…) qui déclenchent deux types d'appréciation: passage sans intérêt/ passage intéressant.
À chaque repérage s'opère un déclic : sans intérêt/je saute; intéressant/je lis. En cas d'erreur ou de confusion, l'œil peut retourner en arrière.
Acquérir une méthodologie de résumé : comment faire ? 
La démarche consiste à cerner les informations principales contenues dans le texte et leurs relations logiques.
Si l'on veut comprendre la logique du texte, il faut l'appréhender dans son ensemble plutôt que paragraphe par paragraphe.
Dégager les idées principales
Il s'agit de circuler dans le texte pour séparer l'essentiel du secondaire
(et/ou de l'accessoire) en repérant tous les mots, groupes de mots ou phrases-clés
(on peut les souligner).
"Visualiser la structure" du texte
C'est-à-dire rendre visible, sous forme d'un schéma logique, le principe de construction du texte
(le plan) avec ses grandes unités de sens
(parties).
L'étape suivante consiste à repérer les articulations entre les grandes unités, puis à l'intérieur des unités. On peut repérer aussi les exemples qui illustrent les idées.
Repérer les valeurs logiques
Il faut chercher les mots outils ou mots de liaison exprimant une relation logique
(on peut les entourer). Ces mots de liaison jouent un rôle fondamental dans le développement.
Ils expriment les valeurs logiques: but, cause, conséquence, condition, etc…
Visualiser et éliminer la redondance informative
La presse écrite comporte un fort coefficient de redondance, de l'ordre de 50 %: utilisation des présentatifs
(c'est, il y a, voici, voilà…), répétitions pronominales et autres formes d'insistance, reformulation de la même idée, utilisation de termes synonymes.
Dans une revue de presse, il faut essayer de supprimer toute forme de redondance, surtout si elles alourdissent le propos.
Par exemple: "Il convient également de souligner que… Notons encore que… Vous n'êtes pas sans savoir que… Force est de constater que… Il est bien certain que… On peut certes penser que… "
Sélectionner les pléonasmes
Le pléonasme est souvent la répétition inutile d'une idée :
"monter en haut, voler en l'air, congère de neige, crier à voix haute"…
Toutefois, certains sont des pléonasmes admis qui peuvent rythmer le discours :
"en lieu et place, contraint et forcé, responsabilité pleine et entière…".
Supprimer dilutions et délayages
Concision, précision, efficacité s'obtiennent au prix d'une élimination de tout ce qui alourdit inutilement le contenu et le style.
Éviter les phrases en cascade: suite de compléments de nom
(de… de…), de propositions relatives
(que… que…/qui… qui…).
L'écriture journalistique est soucieuse d'efficacité. Elle est fonctionnelle. L'essentiel, c'est avant tout la rigueur et la justesse de l'expression. Tout mot inconnu est un obstacle pour le lecteur.
Ne jamais employer un mot que l'on ne connaît pas ou mal.
Le vocabulaire doit être limpide, donc relativement simple
(sans être pauvre). Choisir des mots concrets, des expressions justes plutôt que l'originalité à tout prix telles que des expressions difficiles ou inadéquates
(choc plutôt que traumatisme, sévère plutôt que drastique), éviter les verbes plats ou faibles
(être, avoir, dire, faire), les termes vagues
(personne, gens, choses…).
Ne pas hésiter à utiliser un dictionnaire de synonymes.
S'entraîner à rédiger une analyse 
Pour qu'une information soit lue, il faut d'abord qu'elle soit vue et qu'elle accroche.
Ensuite, il faut qu'elle soit facilement accessible. C'est pourquoi le style journalistique va directement à l'essentiel. Tout comme le journaliste, le candidat rédacteur d'une revue de presse, doit aller droit au but et répondre aux six questions : qui ? quoi ? quand ? où ? comment ? pourquoi ?
Qui ? Le sujet de l'information
• un homme a fait ceci… a déclaré cela…
• un événement a eu lieu
(manifestation politique ou culturelle, célébration, etc.)
• un fait s'est produit
(le coût de la vie a augmenté, un vol a été commis, un incendie s'est déclaré, etc.)
Quoi ? C'est l'action (le verbe de la phrase)
• la situation est bloquée entre les partenaires
• une réunion s'est tenue…
• des policiers ont arrêté…
• le syndicat met en garde le gouvernement
• les tarifs ont baissé…
Où ? Le Lieu
Dans tel pays, région, département, ville, établissement…
Ces précisions sont importantes car elles indiquent la proximité géographique de l'événement.
Quand ? La date
Hier, le quinze mars dernier, d'ici une quinzaine de jours…
L'année en cours n'est pas indiquée, sauf au début de la nouvelle année.
Il faut toujours penser au décalage entre le moment où l'article est écrit et celui de la parution
(hier? demain?)
Dans certains cas, l'événement ne peut être présenté ni au passé, ni au futur :
par exemple, "Le président Tifris devait rencontrer son homologue britannique à la fin de la semaine."
Comment ? Par quels moyens ? De quelle façon ?
• les terroristes ont revendiqué l'attentat dans un communiqué adressé à…
• selon des modalités encore à définir, la société Lapin va prendre des parts dans la société Salinge
• le fonds de garantie sera constitué par des prélèvements obligatoires
• le vol a été commis par effraction
• de source bien informée, l'on apprend que…
Pourquoi ? Les causes, les objectifs, les raisons
"Pour protester contre l'augmentation des charges, les locataires ont décidé que… parce qu'il veut en finir avec le travail clandestin, le gouvernement a décidé de…".
Savoir bâtir un plan 
Un plan d'article est toujours déterminé par le message essentiel.
Un bon plan, c'est celui où les informations sont hiérarchisées et organisées.
Quand l'information n'est pas hiérarchisée, les éléments se succèdent sans fil conducteur clair (dans l'ordre de la prise de notes du journaliste ou de sa découverte des faits).
Rien n'est mis en valeur, les informations essentielles ne ressortent pas.
Résultat : uniformité, platitude… et ennui pour le lecteur ou l'auditeur.
Il faut donc "avoir un plan". Il ne correspond pas forcément à l'idée classique (ou scolaire) du plan.
Le plan dialectique (thèse-antithèse-synthèse) est à bannir dans une revue de presse. La synthèse étant la partie la plus intéressante, il vaut mieux qu'elle se trouve au début qu'à la fin.
Le Plan Anti-Dialectique
• le titre dévoile la conclusion ;
• l'introduction et le 1
er paragraphe apportent la synthèse de l'information ;
• le développement donne les éléments justificatifs de la synthèse.